RavenLaw remercie la contribution de cette publication par stagiaire Samantha Dubord.

Même avant que le Canada devienne une nation il y a 150 ans, les travailleurs au Canada luttaient pour leurs droits. Bien que les militants du mouvement syndical aient eu plusieurs succès à célébrer au cours des années, ce fut un trajet long et ardu. En l’honneur de la fête du travail et du 150e anniversaire du Canada cette année, voici quelques-uns des moments importants du mouvement syndical au Canada.

À la fin des années 1700, les travailleurs au Canada commençaient à se rassembler afin d’exiger de meilleurs salaires en échange de leur travail. Le gouvernement y a répondu en créant des lois qui faisait en sorte que la participation syndicale était maintenant une infraction criminelle. Conséquemment, les syndicats n’avaient aucune façon à faire respecter les contrats avec employeurs afin de recevoir ce dont il leur avait été promis. La naissance de notre nation en 1867 fut rapidement suivie par la naissance du « Canadian Labour Union », une organisation politique de syndicats qui a lutté contre les sanctions criminelles imposées sur les syndicats. Malgré cette étape vers l’avant, les syndicats et les employés n’avaient toujours aucun moyen de s’opposer légalement contre les employeurs qui administraient de la discipline sévère et exigeaient des semaines de 60 heures.

Plusieurs nouvelles lois au début des années 1900 ont contribué à faciliter le syndicalisme au Canada avec l’adhésion syndicale qui augmentait au début de la Première Guerre mondiale. Après la guerre, le mouvement syndical a subi quelques reculs, y compris le contrecoup de la célèbre « Winnipeg General Strike ».  Bien que l’adhésion syndicale a diminué au long de la Grande Dépression, la période précédant la Deuxième Guerre mondiale a vu le syndicalisme gagner en popularité à nouveau. La grève de 1937 chez General Motors à Oshawa fut considérée par plusieurs comme la naissance du syndicalisme industriel au Canada. Suivant ceci, il a eu des pressions accrues sur le gouvernement à accorder des protections légales aux membres de syndicats, mais il n’avait toujours pas de répercussion légale contre les employeurs qui refusaient de coopérer.

L’adhésion syndicale a doublé durant la Deuxième Guerre mondiale grâce à une dépendance accrue sur la main-d’œuvre. En 1944, le gouvernement fédéral a mis en place une loi nationale sur les relations de travail en temps de guerre nommé PC 1003. Cette loi a finalement imposé des obligations aux employeurs et aux syndicats et a mis en place plusieurs des fondements du droit du travail que nous avons toujours aujourd’hui. Bien qu’ils aient été abrégés peu après la fin de guerre, plusieurs provinces ont adopté des lois ressemblantes à PC 1003 et qui comprenaient des caractéristiques comme la reconnaissance syndicale, l’obligation de négocier de bonne foi et de la règlementation stricte des droits de grève. Ces droits furent étendus aux employés de la fonction publique fédérale suivant la grève de 1965 du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes.

Bien que la loi PC 1003 ait été la première loi qui a assuré des protections légales claires aux syndicats et aux employés, ce ne fut certainement pas la seule à le faire. La législation sur la santé et la sécurité au travail a commencé à apparaitre peu après à travers le pays dans les années 1970. La Charte canadienne des droits et libertés, promulguée en 1982, a ancré le droit constitutionnel dans la liberté d’association. Ce droit fut interprété par la Cour Suprême du Canada en 2007 comme incluant le droit d’un employé de s’associer afin d’atteindre des objectifs en milieu de travail sans ingérence patronale. La Cour suprême a également estimé que le droit constitutionnel de liberté d’association comprend également le droit de grève.

Le mouvement syndical au Canada a connu de nombreuses victoires au cours des deux deniers siècles: Les travailleurs sont passés d’un risque d’être arrêté pour la simple participation syndicale jusqu’à avoir un droit de grève constitutionnellement reconnu. Bien que les militants syndicaux aient faits de grands progrès, il y a toujours plusieurs obstacles à franchir sur le chemin à venir. En examinant les réussites au cours des années, nous devons regarder à l’avant aux défis qui nous font face en continuant de lutter pour des conditions de travail juste et équitable pour tous et toutes.

[Cet article est uniquement à titre informatif et ne constitue pas un avis juridique, qui ne peut être donné sans tenir compte de vos circonstances individuelles]